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Blotti au creux de la vallée
de la Biesme, Bouffioulx s'étend au nord-est, en prolongement de Châtelet. Au pied de ses plateaux dominants et de son plan rocheux, le centre du
village étale son passé au gré des quartiers. Ici, de vieilles maisons aux murs épais en moellons, là, une ruelle romantique
grimpant hardiment au flanc du rocher, ou encore ces vestiges du passé, souvent pittoresques, parfois émouvants, nostalgiques.
Faute
de références, le passé de Bouffioulx fait l'objet de supputations où l'imagination se mêle bien souvent à la
réalité.
On peut, toutefois présumer d'une origine très ancienne, probablement avant J-C, comme en attestent certaines traces ou vestiges
d'habitat paléolithique, monument mégalithique, trésors monétaires romains, etc. Ce qui est certain, Bouffioulx constituait une
dépendance de la Villa royale de Ponderlo (terre de Pont-de-Loup) donnée par Louis le Débonnaire, fils de Charlemagne à Ekkard, en 840.
Il en fut ensuite détaché et appartint à la famille de Loverval jusqu'en 1341, quand Gilles de Loverval vendit au Chapitre Saint Lambert de
Liège, sa terre et seigneurie de Bouffioulx qui fut rattachée à celle de Châtelet.
Toutefois, les
habitants de Bouffioulx ne bénéficièrent pas de la charte accordée, en 1220, à ceux de Châtelet et Pont-de-Loup. En 1622,
ils réclamèrent les mêmes privilèges au chapitre Saint Lambert. 
Jusque la fin de l'ancien régime, Bouffioulx vivra en étroite symbiose avec
Châtelet, tant du point de vue institutionnel que religieux ou économique.
Ainsi le bailli de Châtelet était aussi bailli de
Bouffioulx, il en était de même pour le mayeur, les échevins et même, parfois, le bourgmestre.
Si l'on connaît
l'existence, à Bouffioulx, d'une cour de justice, dès le XIIIe siècle et de deux cours foncières, dès le XIVe
siècle, l'organisation municipale, proprement dite, ne date que du XVIe siècle.
Sur le plan religieux, l'église de Bouffioulx
dépendait du curé de Châtelet. Elle fut érigée en paroisse en 1601.
Que signifie le nom de Bouffioulx dont on trouve les
graphies suivantes : Bouffiul, Boffioul, Bouffioul, Bouffious. Il pourrait s'agir du nom d'un ruisseau affluent de la Biesme ou de l'évolution de
"bouffe", mamelon, boursouflure.
Quand l'histoire et la légende s'entremêlent...
De la découverte d'un médaillon datant probablement de 1520 ou 1530, on a conclu à l'existence
d'un "Seigneur de Matra' et d'un "Gouverneur de Montuvia". Il semblerait, toutefois, qu'il s'agisse d'une seule et même
personne, le Seigneur de Matra étant devenu, par héritage ou alliance, Gouverneur de Montuvia.
Les historiens
semblent confirmer que la gorge étroite qui s'ouvrait vers le sud était protégée par deux châteaux forts, manoirs
légendaires, le château de Montrou, sur le plateau de St Blaise et le château de Montchevreuil, sur la rive opposée.
Selon la tradition populaire, ces châteaux amenaient, aux alentours, des guerres continuelles et des batailles terribles.
Aucune donnée historique ne permet de situer l'époque de construction qui pourrait se situer au Xe ou Xie siècle.
Il ne reste aujourd'hui qu'une modeste muraille en gros moellons et des restes d'escaliers naturels où devait
s'élever le château de Montrou.
Les ruines du château de Montchevreuil subsistèrent
jusqu'en 1862, lors de la rectification de la voie ferrée.
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