Historique des poteries

Bouffioulx, terre de poteries

La poterie est une histoire très terredepoterie1ancienne au pays de Bouffioulx. Des documents attestent, en effet, de la présence de potiers sur ce site, dès le 13e siècle. Les comptes de redevance sur la terre à pot, au 14e siècle, prouvent, néanmoins, qu'il s'agit d'une activité encore de faible envergure.

L'établissement des potiers sur ce territoire s'explique par la présence d'une argile de haute qualité, particulièrement rare, et du combustible nécessaire à une cuisson à haute température, le bois.

A l'époque, il s'agit d'une poterie d'un blanc plus ou moins pur, couverte d'un vernis au sel, souvent peu réussi et rougeâtre par taches.

Le grès de Bouffioulx prendra pleinement son essor au XVIe siècle. En 1595, douze Maîtres Potiers de Bouffioulx comparaissent dans un acte de corporation, la charte du franc métier.

Au début du 17e siècle, l'art décline à Raeren. Les maîtres potiers de Châtelet et Bouffioulx ont le monopoleterredepoterie2 du grès artistique dans les Pays-Bas. Leur réputation dépasse largement nos frontières, en raison de la qualité des matières premières et du savoir-faire de nos potiers dans le façonnage et la cuisson. Les grandes familles nobles commandent à Bouffioulx leurs vaisselles armoriées.

La forme des grès évolue, par une gestion de la conduite du feu et du salage, les teintes se modifient. Les pièces s'ornent d'écussons armoriés, de rosaces, de médaillons, de sujets. Aux grès bruns viennent s'ajouter les grès grisâtres ornés d'émaux bleu et lie de vin.

Le grès cérame prend sa réelle identité. Il s'agit d'une poterie très dure, semi vitrifiée, opaque et sonore, recouverte d'un vernis salin obtenu par l'action du sel.

Le monopole reste entier au 18e siècle mais la concurrence de la porcelaine et de la faïence devient de plus en plus redoutable. Elle sonne progressivement le glas du grès orné qui disparaît complètement au 19e siècle. Nos potiers ne fabriquent plus que des pots à conserve et des manufactures renommées se transforment en tuyauteries. L'art fait place aux nécessités industrielles.

Néanmoins, pour leur plaisir, certains potiers s'adonnent à la réalisation de pièces décoratives et exploitent les émaux pour donner aux objets utilitaires un caractère décoratif.

terredepoterie3L'activité industrielle connaît son apogée à la fin du 19e siècle et au début du 20e. Dans un recensement de 1888, on dénombre 34 poteries à Châtelet et Bouffioulx; celui de 1943 mentionne 24 établissements, uniquement à Bouffioulx.

Le début du 20e siècle voit Bouffioulx devenir un gros producteur de grès dont la renommée s'étend à toute la Belgique et dépasse largement nos frontières. La production est constituée de buses, tuyaux d'évacuation, tuiles, carreaux de pavement, pots à conserve, mangeoires, etc. Les tuyaux, d'abord fabriqués à la main, le seront ensuite à la presse, à la cadence de plus de 200 à l'heure.

Les deux guerres mondiales et la crise de 1930 perturberont grandement les terredepoterie4activités et la production. Si entre les coups, les affaires reprennent, pourtant avec vivacité, la concurrence avec la métallurgie et l'apparition des lois sociales rendent la main d'œuvre de plus en plus onéreuse.

Tous ces faits conjugués, à l'apparition des réfrigérateurs et des matières plastiques, amènent la disparition des poteries industrielles. Les fours qui avaient une capacité de 50 à 80 m3 ne pouvaient convenir pour la poterie d'art et étaient, bien qu'ils aient coûté fort cher, condamnés à la destruction.

Si quelques potiers ont pu assurer cette reconversion et assurer un nouvel âge d'or à la poterie de Châtelet et de Bouffioulx, ils se sont vus confrontés très vite au climat économique de la région. Après le deuxième conflit mondial, notre Pays noir a vécu une croissance dont les effets n'ont pas manqué de se faire ressentir dans tous les secteurs d'activité. Malheureusement, pour nos artisans, le répit sera court. La récession apportera son lot de restrictions, spécialement dans une production qui ne répond pas à un besoin essentiel.

terredepoterie5A travers les siècles, les techniques se sont transmises, mais aussi une volonté inébranlable de perpétuer un métier qui porte loin notre renom. Les Biron, Dubois, Lardinois appartiennent à cette race d'irréductibles. Amoureux de leur terroir, fidèles aux traditions, ils continuent, aujourd'hui, d'assurer la pérennité d'un art, savante magie née de l'amalgame de la terre, du sel et du feu.





  

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×